Plaidoyer contre la fessée

Ouhhh aujourd’hui j’ose ouvrir le débat ici, peut-être que je le regretterai… La question fait débat depuis bien longtemps, il est très vif ces derniers temps sur la blogosphère et ailleurs. De mon côté, je voudrais témoigner de mon expérience avec sans doute un certain parti pris!

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Je dois dire d’abord que je n’ai jamais reçu ni fessée ni quelconque coup pendant mon enfance. Je n’ai pas eu à prendre le contrepied de l’éducation que j’ai reçu; j’ai plutôt tendance à la reproduire. C’est donc tout naturellement que j’ai toujours refusé de lever la main sur un enfant, le mien en particulier. Ma position est plus facile, je l’accorde puisqu’en continuité avec l’éducation que j’ai reçu. En effet, en tant que parent mais aussi en tant qu’enseignante, je me demande comment on peut enseigner le respect et la non violence en infligeant un châtiment corporel à son enfant (ouhhh j’ai osé dire le mot!). Comment lui apprendre à ne pas frapper les autres quand on lui fait subir soi-même un coup? Je comprends que l’on peut être parfois dépassé et réagir de façon impulsive mais n’apprend on pas aux enfants à se contrôler et rester maître de son comportement? Je ne veux pas donner de leçon, je comprends que l’on puisse s’emporter face à un enfant en crise mais pas dans les gestes… Je dois dire qu’en plus, je doute profondément de l’efficacité d’une fessée sur le comportement d’un enfant. Ils ont d’ailleurs tendance à reproduire cette agressivité. Je trouve que la fessée est une pratique humiliante qui n’aide pas l’enfant à grandir… Alors j’ai pris le parti de parler, d’expliquer, même si ça prend plus de temps. J’ai choisi une éducation bienveillante en promouvant le respect mutuel et la confiance réciproque. Le comportement de mon enfant n’est pas pour autant parfait, loin de là mais je pense qu’il grandit dans un environnement serein et bienveillant et c’est le plus important pour moi! Avec ce billet, je ne veux pas juger, d’ailleurs je serais heureuse de lire vos témoignages et puis si je peux convaincre quelques personnes, c’est tant mieux!

52 comments to Plaidoyer contre la fessée

  • profondément en accord avec ce que tu dis !!!!

  • Tout comme toi (même enfance dénuée de coups, même amoureux qui lui s’est pris plus d’une baffe, et de ses deux parents), et mêmes positions sur la question.

    D’une part parce que non, vraiment, la taper, non, rien que l’idée me vrille totalement (et j’assume totalement d’être « faible » ou « molle »). D’autre part parce qu’en tant qu’instit défroquée, je SAIS que la violence (au sens large, je n’ai jamais frappé mes élèves mais qu’est-ce que j’ai pu vociférer…) ne marche PAS. Ça ne défoule pas, ça ne fait qu’augmenter le sentiment d’impuissance et la fatigue nerveuse.

    Est-ce que mon mec a été un enfant plus sage que moi parce que ses parents le tapaient ? Est-ce qu’il est mieux élevé que moi ? Est-ce que ses parents ont eu davantage la paix ? Je ne crois pas.

    Quand Hiboute pique une crise, j’accueille la crise comme j’ai accueilli les contractions il y a deux ans : en respirant… ça ne sert à rien de se braquer ou de se crisper, comme pour les contractions, il faut juste attendre que ça passe. Accepter d’être momentanément dépassé, submergé. Ce n’est pas dans ces moments-là que se joue l’éducation. (et je suis convaincue que rester calme et gentil aide l’enfant à passer plus vite à autre chose)

    Mais je crois que se foutre du regard des autres aide grandement à ne pas s’emporter… Je n’ai pas peur qu’on pense que je suis une mauvaise mère qui ne sait pas se faire obéir de ses enfants. (en revanche il est possible que je sois légèrement agressive avec celui qui se permettrait une remarque… personne n’est parfait 🙂

    Évidemment, ma fille n’a que deux ans, je sais bien que ça veut dire que je n’ai pas encore connu toutes les situations où certains parents donnent des fessées ou des claques, et qu’il y a d’autres moments difficiles en dehors des crises impressionnantes du Terrible Two. Et j’ai des pulsions de violence en moi, mais je pense que mes pulsions de mère-poule/louve sont plus fortes. Personne n’a le droit de lever la main sur mon enfant, donc moi non plus. Fin du débat.

    Pardon pour ce long commentaire ! C’est un sujet qui me touche…

  • J’avais écrit ce billet il y a très longtemps, avec un peu de lecture en prime : http://homesweetmome.net/2011/08/26/qui-aime-bien-chatie-bien-ou-pas/
    Je pense comme toi,et comme ton homme, je dois prendre le contre-pied de mon éducation pour bien des choses, dont les gifles. C’est dur, et une de mes craintes en devenant mère était d’ailleurs de ne pas réussir à me contrôler, car ayant reçu pas mal de gifles, je connais cette agressivité qui prend aux tripes et qui pousse à réagir violemment.
    Pour l’instant, je n’ai jamais craqué et j’en suis un peu fière, c’est idiot mais bon … par contre je culpabilise de trop crier, de dire des mots durs parfois (qui peuvent faire presque autant de mal qu’une fessée) mais je ne suis pas parfaite ! Le principal c’est d’être capable de s’interroger sur ses pratiques. Bref, tout ça pour dire que je suis d’accord !

  • Oh merci la cocotte pour ce post !
    J’hésite à publier celui que j’ai en tête depuis quelques jours et je partage en tout point ton avis.

  • charlotte

    Aie!!!! je suis profondément d’accord avec TOUT ce que tu as écrit …le petit bémol c’est que , toi même tu vas vite le sentir je pense, DEUX mômes ça change toute la donne
    Ensuite, je dis ça, je ne donne pas de fessée, PIRE: des pichenettes, histoire de faire réagir. Gloups, je sais , c’est mal mais c’est juste que les interactions changent (en bien aussi , évidement!) quand tu as un seul môme à gérer..ou deux, voire 4 ..etc

  • Moi j’ai reçu quelques gifles et fessées, enfant et adolescente, et je crois que je me souviens de toutes. Il y en a eu très peu, et qui correspondent clairement pour moi à des moments où mes parents se sont sûrement sentis dépassés (genre la fois où j’ai craché ma viande à moitié mâchée (mais il y avait un bout de gras dedans et ça me dégoûtait) au milieu de la cuisine et où j’ai refusé de ramasser, alors même qu’on m’expliquait gentiment que j’aurais pu cracher dans la poubelle quand même, et qu’on me tendait le plat vide pour que je mette mon bout de viande dedans pour aller le poser sur le buffet, et que j’ai refusé encore). J’ai aussi un souvenir assez parlant, où ma soeur et moi faisions les connes dans la salle de bain. Notre mère nous a dit plusieurs fois de nous calmer, ce que nous n’avons pas fait. J’imagine de dépit (et peut-être d’agacement), elle nous a donné une gifle à chacune, et en fait, on rigolait encore plus fort après…
    Bon, bref, tout ça pour dire que moi aussi, ça me semble inimaginable de frapper mon enfant, quelle que soit l’intensité, la force du geste – ça me semble inimaginable de lever la main sur lui. Il me fait si confiance, j’aurais vraiment l’impression de faire rentrer les loups dans son repère rassurant…
    Par contre, si je ne comprends absolument pas que ce soit un principe éducatif, ou une fierté (genre « mes enfants, je les dresse » (quelle horreur)), je comprends que parfois, ça puisse échapper à un parent démuni… Qui, si il s’excuse, montre (et assume !) sa part d’humanité et d’imperfection à son enfant, et ça, c’est pas mal !
    J’ai été éberluée par les commentaires sur le site du Monde (et sur leur page facebook) : c’est fou le nombre de gens qui sont dans un rapport de force avec leurs enfants ! Qui ont peur de se faire « dépasser », qui ont peur de leurs enfants en fait !

    • J’ai le même sentiment que toi, j’aurais l’impression de trahir sa confiance. Nous sommes son principal repère alors si la violence vient de nous que va-t-il comprendre de ce monde?

  • Nana

    Deux mondes s’opposent…et je trouve ça bien que les gens échangent sur des sujets sensibles. Pour ma part, maman de quatre enfants, je dois dire qu’avant d’avoir accueilli mon premier bb, je ne m’étais jamais pose la question. J’ai reçu des coups enfant trop pour certains , pas assez pour d’autres. Il n’y avait pas de débat à cette époque. Les enfants n’étaient considère que comme des petites choses à éduquer. Alors oui, j’ai donné des fessées a ma toute première, comme ça sans réfléchir à la portée de mon geste. Est ce que j’en ai honte ? Oui . Est ce que je me pardonne ? Oui. Parce que je ne savais pas.
    Et puis au hasard de mes rencontres j’ai découvert que non, battre un enfant ce n’était pas l’éduquer. J’ai demandé pardon à ma fille et je n’ai plus jamais levé la main sur elle ou sur les autres.
    Pour cette raison je ne blâme pas ceux qui ont recours à ces méthodes d’un autre âge, mais avec la vie que l’on mène parfois on n’a plus le temps de se poser les bonnes questions et surtout de réfléchir aux réponses. Se remettre en question est aussi difficile et perturbant, cela demande du temps et c’est ce qui nous manque le plus dans cette société moderne.

  • Sandrine

    Moi je me retrouve un peu dans ce que dit nana, mais oui j’ai donné des fessées (tape sur la couche ) à mes 2 grands, peut être trop, je ne savais pas faire, j’étais tellement moins documentée que maintenant. Je le regrette, mais je lis, je lis sur l’éducation positive, bienveillante et sur la pédagogie, qu’est ce que j’ai pu évoluer à ce niveau, je suis prof dans des classes d’ados… en lycée pro… Par contre, tout accepter, ça n’est pas envisageable pour nous, et avec 2 grands, ça marche pas trop mal, ils réussissent bien à l’école, ils sont polis, sympas avec nous même s’ils commencent à essayer de répondre (pré ados mmm), le tout je crois c’est de les aimer.

  • Callie

    J’ai reçu des fessées toute mon enfance, je n’en ai jamais voulu à mes parents, car j’ai toujours considéré que je les cherchais : c’était en effet la seule chose qui m’arretait dans mes accès de pesterie/je n’en fais qu’à ma tête.
    Quand je suis devenue mère,il ne m’a pas paru anormal de leur donner une fessée de temps en temps, en cas de grosse crise ou grosse bêtise. Je me justifiais même en disant que je ne donnais qu’une tape sur les fesses ou la main, pas pour faire mal, pour arrêter. Et assez rarement tour de même
    Puis le débat sur la fessée a commencé il y a plusieurs années. Comme je remets constamment en question mon comportement de mère, j’ai également réfléchi. D’abord dans le camp des « pro » avec l’argument idiot « ça ne m’a pas fait de mal, pourquoi cela en ferait-il a mes enfants ? »
    Progressivement les pensées se sont pourtant transformées : finalement est-ce que cela avait été si bénéfique pour moi. L’était-ce pour mes enfants ?
    J’ai compris que cela servait surtout à me défouler (moyennement d’ailleurs, crier un bon coup étant bien plus efficace) et que le comportement incriminé ne changeait absolument pas.
    J’ai été aidée par mon nouveau conjoint, avec qui j’ai eu depuis un autre enfant. Nous nous sommes posé ces questions à deux.
    Cela fait environ 3 ans que je n’ai pas levé pas levé la main sur mes enfants et j’ai vu une réelle différence dans nos relations, dans leur comportement, dans le mien, dans leur épanouissement!
    J’espère que min témoignage pourra aider un petit peu…

  • Callie

    J’ajoute que j’ai discuté de ce changement avec mes enfants, je leur ai dit pourquoi ils ne recevaient plus de fessées et je leur ai demandé de me pardonner pour celles qu’ils avaient reçues. Je leur ai dit que personne, pas même mou, n’avait le droit de lever la main sur eux…

  • Anne d'Ardèche

    Moi, je suis d’accord mais y’a des fois où je craque et il m’est arrivé de frapper mon fils (je crois vers ses 3-4 ans). j’avais beau m’inspirer des belles paroles et des beaux conseils d’Isabelle Filliozat (« Au cœur des émotions de l’enfant », par exemple, ou « j’ai tout essayé » un peu comme une BD, très facile à lire), il y a des fois où je me suis laissée submerger. Aussitôt abasourdie par mon geste, je l’ai serré très fort contre moi et je me suis excusée encore et encore pour lui dire combien j’étais désolée, que j’avais craqué, que ce comportement ou ce geste m’avait poussée à bout mais que je regrettais vraiment mon geste. Je crois qu’il a entendu et compris. Le soir, au téléphone avec son père, qui était en long déplacement professionnel (ceci explique cela), je pleurais en lui disant : « Je ne voulais pas être une mère comme ça »…
    J’ai alors relu Filliozat (elle a aussi écrit « Il n’y as pas de parents parfaits », et oui, on n’est pas parfaites, zut alors !) et cherché pourquoi j’avais réagi comme ça et comment je pouvais éviter de le refaire. J’ai trouvé des pistes. je crois que ça me permet maintenant d’éviter. Comme le conseille Milky, respirer profondément permet de se détacher un peu. Si on comprend pourquoi l’enfant crise, verbaliser à sa place (« tu te sens frustré parce que… tu aurais bien aimé que…). Et parfois, je leur dis que j’ai besoin de me reposer, que je me sens à bout et je vais m’allonger.
    Pas facile d’être parent ! Mais c’est si bon !!!

  • Merci Maëva de parler aussi de ce type de sujets !
    J’ai reçu pas mal de fessées, entre autres, petite et j’avoue que je suis totalement contre aussi ! En effet, c’est dévalorisant pour l’enfant, ce qui me fait peur surtout est que l’adulte peut ne pas contrôler sa force…
    Je ne tape pas mes enfants mais j’avoue que parfois l’envie est bien là et je dirai que le naturel (mon éducation) revient au galop. Alors je parle, toute comme toi mais en effet il faut s’armer de patience !

  • On croit souvent que l’on perd du temps en privilégiant le dialogue, je pense que non. Sur le coup, peut-être mais avec le temps, non.
    Mes filles qui n’ont jamais connu de châtiments corporels sont raisonnables, en confiance avec l’adulte et je peux les emmener partout.
    Je ne peux pas dire la même chose d’enfants qui, dans mon entourage, subissent des châtiments corporels (dans la belle famille notamment), ce sont des enfants qui ont des rapports conflictuels avec les autres adultes et cumulent les colères. Comment nouer un dialogue avec eux alors que la seule manière de dire non se rapporte à un geste sensé mettre un terme à la discussion?
    Je sais bien que je passe très souvent pour une extra terrestre avec ma manière de faire mais il serait temps que l’on se dise qu’une éducation bienveillante n’est pas une éducation laxiste, juste une éducation qui considère l’enfant comme une personne capable de réfléchir et de comprendre, et aussi comme un adulte en devenir mais que l’on doit guider.

  • Petite j’ai le souvenir de m’être pris une claque ou une fessée par jour.Ma mère jure que c’est beaucoup moins.Je n’étais pas une petite fille heureuse et j’étais très difficile.Je pense que mes parents n’avaient pas d’autres réponses à mon mal être, pas par bêtise mais parce que ce n’était pas l’usage à l’époque (J’ai 43 ans) Adulte j’ai rarement perdu mon calme et frappé mes enfants à chaque fois je l’ai fait par impuissance et exaspération, sans réflexion et je m’en suis voulu à mort. L’an dernier mon fils aîné s’est pris une claque après des semaines de crise d’adolescence très pénible,lors d’une énième remarque irrespectueuse de sa part, c’est parti tout seul. Il a changé d’attitude du jour au lendemain, quand je lui en parle il dit que ça lui a fait comme un électrochoc.J’aurai préféré que les choses changent après une bonne discussion mais voilà c’est cette claque qui a tout changé c’est triste tout de même. Voilà c’est juste un témoignage.

  • S@bine

    Salut Maeva,
    Je refuse de frapper nos enfants (même si j’ai pu déraper, mortifiée et m’excusant ensuite) et je suis intraitable les rarissimes fois où un coup part entre eux.
    Mais je refuse aussi d’être une mégère hurlante, au secours beurk. (Et étant la seule nana sur 6 personnes à la maison, bonjour l’image de la femme aux yeux de mes enfants sinon!)
    À la maison nous avons, chacun, un geste symbolique pour signifier que nous sommes à bout, que nous en sommes à la limite de ce que nous pouvons supporter. Cela évite bien des pétages de plomb, y compris verbaux. Ça fonctionne vraiment bien et permet de comprendre que la limite n’est pas la même pout chacun.
    (Et un geste c’est pratique quand on t’exaspère alors que tu es au téléphone).
    Bises and peace ;^)

    • Jeanne L

      Souvent à bout je ne suis pas un exemple en matière de gestion de crise, mais j’ai vraiment envie d’y arriver et d’effacer cette image de maman sans contrôle.
      On est fait de notre mieux, avec ce qu’on est.
      Quel est ce geste que vous mettez en place dans des situations délicates S@bine ?
      Des astuces, des expériences et des méthodes qui marchent chez les autres sont toujours bonnes à essayer !
      Bien sûr parler et être calme porte ses fruits, mais faire entendre quand en face l’enfant ne veut jamais écouter et réfléchir sur ses actes, c’est pas simple d’y arriver.
      Merci

    • Oui, dis nous en plus sur ces petits gestes, ça m’intéresse!

  • lulu

    Ici on est deux à en avoir reçu des fessées et des claques, même si ça a été rare, et pourtant nous n’avons pas le même avis sur la question, chose que je vis plutôt mal.
    Moi j’ai vécu ça avec sidération et ça m’a murée dans un silence, j’ai toujours joué à la petite fille sage et parfaite de peur de m’en prendre une ou que ça hurle, mais intérieurement j’ai engrangé beaucoup de rancoeur, de sentiment de ne pas être une enfant aimable, et surtout j’étais terrifiée. Il m’est donc inenvisageable de lever la main sur mon petit bout et qu’il ait peur de moi !! En revanche j’ai beau être totalement pour la parentalité bienveillante et non violente, je reproduis des gestes et des paroles (pointer du doigt en menaçant, dire « tu te prends pour qui » alors qu’il n’a que 16 mois), ça sort spontanément sans que j’y réfléchisse et à chaque fois j’en suis la première surprise et je me ressaisis…

    Mon chéri lui a mal vécu ces moments-là mais sans en être traumatisé, il n’a pas l’intention d’en donner des fessées, mais il a cette fameuse phrase qui m’horrifie « j’en suis pas mort » et « une fessée c’est pas comme une claque, c’est pas frapper »…

    Autre chose, c’est que les personnes m’ayant le plus administré de fessées ou avec qui j’ai été le plus témoin de ces violences, ce sont mes instituteurs, de la maternelle au collège j’en ai des souvenirs effrayants notamment d’une déculottée humiliante d’un garçon bagarreur au cp. Et l’autre fois à la crèche j’ai vu une assmat’ administrer une fessée à un tout petit, ça m’a choquée. C’est pour ça que je trouve très bien que ce soit inscrit dans le droit français, quand on est témoin de ce genre d’acte on peut enfin le contester, en avertir la direction, en s’appuyant sur le fait que c’est interdit par la loi.

  • J’avoue avoir craqué quelques fois avec ma grande. Mais (moui, trouver des excuses à un geste inexcusable…) toujours avec avertissement préalable et toujours un geste sans volonté de faire mal. C’est à dire que dans les moments de crise de deuzans ultime (jamais en cas de bêtise, parce que je pense qu’une bêtise n’en est une que pour nous, pour un enfant, c’est une expérience ou un test, mais ça n’a pas la même portée que pour les adultes), quand la patience ou les mots ne fonctionnent pas, il m’est arrivé de dire « je compte jusqu’à 3, si à 3 tu n’arrêtes pas, je te donne une fessée ». Et au bout de 3, de donner une tape sur les fesses, pas dans le but de faire mal, mais juste pour marquer le coup. Soyons honnête, ça n’a jamais marché… Et même parfois, notre grande belette venait nous voir en nous demandant une fessée (qu’on refusait de lui donner), c’est dire la portée de la chose…
    Pour la petiote, on verra, mais dans tous les cas, taper pour faire mal, c’est impossible, et rien que ce geste que j’ai eu parfois me fait culpabiliser terriblement. Et comme ça ne marchait pas avec la grande, est-ce vraiment nécessaire de réessayer avec la petite ?

  • vanessa

    Ca me fait beaucoup de bien de te lire. J’ai lu des gens, ces derniers temps, qui, enfants, avaient reçu des fessées et qui trouvaient ça très bien. Personnellement, j’en ai reçu, ainsi que des gifles, pas énormément, mais tout de même. J’en garde un souvenir pénible, cela me paraissait disproportionné par rapport à la faute que j’avais commise, cela me semblait humiliant et injuste. Aujourd’hui, il y a encore une part de moi qui déteste mes parents pour « ça ». Effectivement, cette violence que l’on reçoit enfant, on la retrouve adulte. J’ai dû énormément travailler sur moi pour qu’elle ne ressorte dans mes rapports aux enfants et mêmes aux autres adultes. Donc, oui, je peux comprendre qu’on sorte de ses gonds, mais ériger la fessée en principe d’éducation, non !

  • Je verbalise:  » je t’aime mais tu me gonfleeeee euh! », je sors de la pièce ou je reprend un tube de Zazie et je chantonne  » zen soyons zen… » Ce qui fait sourire ma chipie…

  • Jennymarseille

    Ici voilà le tableau: l’enfance de mon côté a été marquée par des fessées, des coups, des humiliations. Hors de question de reproduire cela, la souffrance occasionnée m’est toujours intolérable. Le contraire du côté de mon mari. Des parents aimants et bons. Nos deux enfants (13 et 8 ans) ont été et sont élevés et accompagnés dans le respect de leur personne. Donc jamais eu de violence physique, aussi minime soit-elle ni ne violence « morale ».
    Mon enfance m’a tellement marquée que j’ai choisi un métier en conséquence et en réaction. Je suis Educatrice de Jeunes Enfants. J’ai pendant ma formation été emerveillé d’apprendre tout ce qui est bénéfique pour les jeunes enfants. Ce dont j’aurais souhaité bénéficier… Je suis les travaux de l’OVEO d’Olivier Maurel depuis des années. La vision « classique » d’une éducation faisant intervenir la violence me désespère, mais en travaillant de manière bienveillante j’ai le sentiment de faire quelque chose de bien pour les futurs citoyens que je côtoie tous les jours…

    • Je trouve incroyable parfois comme la fessée peut-être banalisée dans le cercle familial alors qu’au niveau des professionnels de la petite enfance ou des enseignants comme moi, aucune controverse n’est admise et il est admis qu’on ne doit jamais lever la main sur un enfant.

  • @ Carotte : on m’a opposé cette situation d gosse qui fait n’importe nawak et de l’adulte qui prévient « si tu ne t’arrêtes pas, à 3 c’est la fessée, attention 1, 2, 3 » et où il faut être cohérent et donc donner une fessée.
    Je pense que oui, il faut être cohérent entre ses paroles et ses actions ( même si j’ai du mal, je constate à très court terme combien c’est important et surtout rentable ! De ne pas céder une fois et que ça prenne des plombes, mais pour les fois d’après ça roule tout seul, parce que les enfants kiffent tellement les habitudes et les rituels…)
    Du coup ce n’est pas tant la fessée que la menace de la fessée qu’il faut réussir à évacuer de son fonctionnement personnel. Si on ne menace pas le gosse de lui en coller une, bah du coup après on n’est pas obligé de lui en coller une 🙂
    Par quoi remplacer ça, là je n’ai pas forcément de réponses… Mais la verbalisation comme l’ont souligné plusieurs personnes, par exemple « tu es en colère parce que… » dit sur un ton neutre, sans dramatiser ni minimiser, je trouve ça bien, et pour le terribeul twou je trouve que ça marche pas trop mal (l’enfant ne hurle pas moins fort, mais peut-être un peu moins longtemps, et surtout soi-même on a une « réponse », un comportement, une ligne de conduite qui évite les écueils de la violence, verbale ou physique.) Pour les ados évidemment, c’est autre chose. Mais se prendre une baffe à 15 ans n’a pas non plus le même impact qu’à 3 ans (je comprends qu’on se sente plus démuni face à un ado que face à un toddler, aussi 🙂

  • Lorsque j’ai eu fini de vous lire ma première réflexion a été « je suis partagée « . J’explique: je suis contre la fessé, je trouve qu’elle n’a aucune utilité et qu’un enfant peut s’épanouir et devenir un adulte accompli sans que l’on ait besoin de le frapper. Néanmoins, moi comme beaucoup de mamans j’imagine, je me suis déjà trouvée dans une situation où mon fils que j’aime par dessus tout avait mis ma patience à rude épreuve et où ma seule réponse, que j’ai évidemment regrettée tout de suite a été un geste un peu brusque ou un ton trop agressif. J’ai étudié la psychologie pendant 4 ans et les sciences de l’éducation pendant un an, en théorie je sais comment je dois réagir, je sais ce qu’il y a de mieux pour mon fils. J’en ai pleuré de ne pas arriver à faire mieux, je me suis détestée de ne pas réagir mieux. Et puis j’ai décidé de dédramatiser parce qu’à force de culpabiliser j’avais du mal à me faire confiance en tant que maman et que pour le bien de mon garçon il fallait que je sois un peu plus confiante dans ma capacité à l’accompagner et à l’aider à grandir. Tout ça pour dire qu’un discours trop moralisateur peut faire plus de mal que de bien. Je pense qu’il faut travailler sur le fond avec certains parents et déconstruire leurs idées préconçues sur la question , aider ceux qui ne s’en sortent pas avec leurs enfants à trouver d’autres réponses que la fessée ou l’agressivité. Mais il faut garder en mémoire que personne n’est parfait et qu’ a priori la grande majorité des parents ne souhaite que le bonheur de ses enfants!

  • Ton post n’était pas du tout moralisateur et tu as bien raison de lancer le débat, bien trop de parents ne remettent pas en cause ce type d’éducation et il faut en parler. D’ailleurs le terme éducation ne me convient pas tellement, je préfère penser que je suis là pour accompagner ou guider mon enfant dans ses apprentissages. Mais souvent j’entends des discours hyper moralisateurs, hyper rigides sur la question et lorsque l’on est jeune parent ce type d’injonction (« tu dois être une mère parfaite qui ne s’énerve jamais, qui est toujours de bonne humeur, toujours pleinement disponible pour ton enfant », etc.) peut devenir très culpabilisant. Rassure toi, ton post n’en fait pas partie! Je te suis depuis longtemps (je n’avais encore jamais oser répondre ^^) et j’apprécie aussi ton blog pour ta façon d’exprimer tes opinions sans jamais les imposer. Et puis je suis une fan absolue de ton univers (ça fait un peu groupie mais j’assume! 😉 )

  • Céline

    Bonjour, J’ai lu ce post, qui m’interpelle par son indéniable actualité mais aussi car je me pose beaucoup de questions en ce moment.
    Je ne suis pas encore maman, je suis enceinte d’un peu plus de 4 mois et je m’interroge déjà sur ce que je souhaite transmettre à mon futur petit, en terme d’éducation, de bonnes manières, de valeurs etc… Je sais, j’ai encore du temps devant moi mais le débat c’est déjà ouvert dans mon couple. J’explique : je suis passée par la case fessée avec mes parents, dans mes souvenirs, lorsqu’une très grosse bêtise avait été faite.. je ne me souviens pas de l’âge que j’avais et n’ai pas été traumatisée.. Ce n’est pas tant la fessée en elle-même que je redoutais (parfois ça picotait un peu mais je n’ai jamais reçu de gifle ou autre punition physique, le concept de « châtiment corporel » me parait fort pour une tape sur les fesses, mais ça n’est que mon point de vue). C’est surtout la symbolique de la punition avec cette forme de violence qui m’a marquée je crois. C’est mon papa qui était assigné à cette tâche. Un papa que j’adorais et que j’adore toujours qui est d’un tempérament extrêmement calme, ce qui a sans doute accentué le côté marquant de ce geste car très contrasté par rapport à son caractère au quotidien.
    Mon mari a eu une éducation plus sévère que moi. il a prit des coups de pieds aux fesses et des fessées qu’il a bien senti passer en réponse à de grosses bêtises également. Je crois cependant que c’était d’avantage au cours de sa pré-adolescence que dans sa petite enfance. Il s’en souvient bien mais n’a pas été traumatisé non plus. Il trouve même cela justifié en réponse à son comportement de l’époque.
    Aujourd’hui nous avons des avis qui diffèrent. J’aimerai me passer de la fessée, opter pour une éducation bienveillante par le dialogue, lui considère qu’un enfant ne raisonne pas comme un adulte et que les discussions et la compréhension de l’enfant sont limités. Du coup il estime qu’une fessée peut, dans certaines circonstances être méritée et justifiée. Je suis clairement contre les gifles ou toute autre forme de violence physique, mais la fessée reste encore un point d’interrogation…
    Arriverai-je à ne pas me laisser dépasser ?, mon mari n’est pas fermé à la discussion mais ne semble pas remettre en cause cet acte…
    Voilà où nous en sommes actuellement, pré-parents, avec pleins de questions et d’idéaux… Je recherche d’ailleurs des ouvrages pouvant m’aider dans l’orientation de nos choix, j’ai vu mentionné les ouvrages d’I. Filliozat, auriez-vous d’autres références à me suggérer ?
    En tout cas merci de poser ce débat qui laisse la possibilité de parler sans juger ou être juger mais qui peut aider à comprendre.
    Et pardon pour ce loooong pavé !
    🙂

  • Anne-Marie

    Je trouve formidable que tu évoques ce sujet, qui effectivement est très présent sur la blogosphère et souvent dans un sens très reac à mon sens…
    je crois beaucoup aux changements possibles grâce au débat…
    plus on en parlera plus cette question évoluera… aussi je trouve intéressant l’idée de la loi surtout par le débat que cela suscite…
    Bcp de com sur le net dénigre le fait de s’attaquer à une pratique intime arguant qu’il y a des tas de violences bien plus graves dans le monde,mais je pense que les 2 sont liés…
    de mon côté je n’ ai pas reçu de fessées et n’en ai jamais donné …

  • S@bine

    Hello,
    Pour revenir sur les gestes qui posent la limite du supportable pour chacun d’entre nous dans ma petite famille il est important:
    – que cela soit un geste qui ne prête pas à confusion, qui ne risque pas d’être pris pour un autre ou être fait de façon inopinée.
    – que chacun soit au courant de ce que cela signifie
    – que chacun s’ engage à respecter ce signe quand il est posé par l’autre. Une sorte de contrat de confiance réciproque somme.

    Ce geste signifie quand je le pose que je vais avoir vraiment du mal à contrôler plus longtemps mes réactions s’il me pousser plus loin dans mes retranchements. Bref je risque de sortir de mes gonds et ni lui ni moi n’en avons envie.

    Mon geste à moi: je pose la tranche de ma main droite verticalement devant mon front. Impossible de confondre ce geste avec un autre. C’est limpide pour mes enfants à un moment où je suis excédée et où les mots risqueraient déjà d’être agressifs. Ca permet de se séparer pour le moment.
    Un de mes enfants serre les poings vers le bas en tapant d’un pied.
    À chacun de trouver son geste!
    Bon courage chez vous si mon expérience peut vous aider.
    :^)

  • A

    C’est mon combat depuis la naissance de mon premier enfant, sortir de la violence relationnelle dans laquelle j’ai été élevée et qui me submerge à chaque apparition de rapport de force avec mes enfants / je précise, fille d’instits (fessées, parfois déculottées, gifles, cheveux tirés, vêtements déchirés, coups avec la spatule en bois, violences verbales…). Et en devenant mère, cela a été extrêmement difficile pour moi de contrôler ces émotions, et mon aîné se souviendra sans doute de ma violence. Je me suis faite aider très tôt et je vois toujours quelqu’un, 12 ans après. Mon petit troisième « n’a reçu qu’une fessée » à 3 ans (l’idée m’est pourtant insupportable) et je sais à présent voir venir la faille, me mettre en retrait, respirer et attendre. Mon compagnon quant à lui n’a jamais reçu de châtiment corporel et s’est laissé emporter qq fois. Mais le sujet n’est pas tabou et nous en discutons avec nos enfants, demandons pardon, et ne restons pas dans le déni dans lequel se sont enfermée mes parents à ce sujet.

  • moi aussi, je n’ai jamais levé un petit doigt sur mes enfants, de quel droit les parents se permettent de frapper un enfant, on ne se frappe pas entre adulte?alors pourquoi lever la main sur un enfant?. C’est clair qu’être ferme est parfois difficile, j’ai du dire des milliers de mots et crier un peu parfois mais ça vaut la peine…
    bravo pour cet article

    • Cécile

      Désolée mais je ne vois pas en quoi « ça vaut la peine » de crier sur son enfant, si ce n’est créer chez lui une sidération, une peur immense.
      Moi même je m’emporte parfois en criant aussi sur ma fille, mais quand mon conjoint me crie dessus je comprend le niveau de « stress » que cela engendre, physiquement palpable, la peur et aussi la non confiance qui en découle.
      Je suis adulte et je peux m’en défendre, en reparler après, dire ce que ça m’a fait, je peux comprendre que cette violence là n’a rien à voir avec moi, mais concerne uniquement celui qui en est l’auteur.
      Un enfant, lui, est totalement dépendant de ses parents, et il n’a pas ce recul, cette maturité pour comprendre que la violence de l’autre ne le concerne pas. Pour se protéger il va alors soit passivement « obéir » pour ne pas revivre cette violence ou alors se rebeller pour protéger son intégrité de façon plus active. Dans tout les cas il comprend le message suivant : je suis mauvais, on m’aime à condition…je ne suis pas comme il faut…
      ça c’est mon point vue sur la question.
      La fessée n’est que la partie visible de l’iceberg de la violence éducative, mais faut bien commencer à faire bouger la loi et les idées reçues, et c’est sûr que ce n’est pas en culpabilisant les parents mais en les accompagnants vers une prise de conscience, une écoute et réfléchir à qu’est ce qu’une violence, comment se guérir, comment trouver d’autre façons de faire… nos enfants sont les adultes de demain, pourquoi leur faire subir ce que nous même ne nous sommes pas prêts à subir ?

  • Cécile

    Il y a subir soi-même des violences physiques, verbales, ordinaires etc…
    c’est une chose, ça fait fait beaucoup mal.
    Mais il y a aussi être « juste » témoin de ces violences, sans être visé directement, là aussi ça peut faire beaucoup de dégâts je pense. Dans le cadre familiale, j’ai subi des violences assez jeune et j’ai vu aussi mes aînés se faire violenter, et personne pour mettre des mots sur ce qui se passait.
    J’ai l’impression après coup d’avoir vécu une misère affective immense, parfois je me demande comment j’arrive à élever mes enfants sans trop faire de conneries ! (aujourd’hui je suis indulgente avec moi comme maman, parfois je me trouve toute nulle…) en tout cas une grande partie de moi ne parvient pas à s’accomplir dans la joie aujourd’hui.

    Merci d’avoir mis les pieds dans le plat, pour les gens qui sont encore dans le déni notamment, et pour les autres aussi !
    des lectures qui m’ont aidé : alice Miller, le site de l’OVÉO, catherine dumontheil-kremer, filliozat et d’autres encore.

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