La cigale et la fourmi

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Lorsque j’ai su que nous allions être confinés, j’étais inquiète de voir cette épidémie se rapprocher mais pas tellement de devoir vivre cette parenthèse chez nous (j’en ai déjà parlé par ici). J’ai toujours été plus fourmi que cigale mais là, j’ai trouvé ça flagrant ! Je me suis tout de suite dit que si il fallait faire l’école à la maison pendant des mois, j’avais tout le nécéssaire. Si il fallait fêter un anniversaire, je pouvais décorer 3 salles des fêtes. Si il fallait bricoler, nous avions plein de fournitures créatives. Si il fallait coudre des vêtements pour tout le monde, je pouvais refaire toutes leurs garde-robe. Vu comme ça, c’était très rassurant sauf que cela m’a aussi beaucoup fait réfléchir… Je me suis rendue compte que 10 confinements ne suffiraient pas à utiliser toutes les matières premières de mon atelier. Encore une fois, cette abondance me sert et me dessert.

Je ne sais pas vraiment comment ni pourquoi ça a commencé. Pourquoi j’ai eu ce besoin frénétique d’accumuler autant de choses ? Il y avait sans doute quelque chose à combler… Toujours est-il que même quand je me suis raisonnée, j’ai eu l’impression de traîner cette névrose comme un boulet. Je ne sais plus si j’en ai déjà parlé ici mais quand nous avons déménagé il y a plus de 4 ans, j’ai vraiment eu l’impression de me retrouver dans un genre de télé réalité américaine où l’on met sur une table tout ce que l’on a mangé pendant une semaine. C’était un peu la même chose mais genre « voilà tout ce que tu as accumulé pendant 10 ans ». J’en ai eu la nausée ! Comme beaucoup, j’ai découvert Marie Kondo à ce moment là. Cela m’a beaucoup aidé mais je crois que mon cas était plus grave ! Après je ne sais combien de mission tri, de vide-greniers, de dépôts à Emmaüs, ma maison est toujours trop remplie (même si c’est mieux) et laissez moi vous dire que c’est beaucoup plus facile d’accumuler (acheter, chiner, récupérer…) que de se désencombrer. Quand on a payé cher un objet, quand on l’a cherché le long des stands de vide greniers, quand on l’a trouvé comme un graal, c’est d’autant plus difficile de s’en défaire.

Tout ça pour arriver à cette période de confinement où d’un côté j’étais heureuse de pouvoir profiter de tout ça à la façon de la fourmi « quand la bise fut venue ». Ah c’était donc pour ça !!? Nous n’avons manqué de rien, j’ai pu coudre, mes enfants ont pu bricoler, nous avons pu faire l’école à la maison avec plein de matériel… Sauf que d’un autre côté, j’ai eu le temps plus que jamais de mettre le nez dans ma m*rde. Je la cotoyais tous les jours, elle faisait même que tout était plus difficile à ranger, plus que jamais… Pas toujours facile d’être une fourmi !

Avec ce confinement, je me suis prise à rêver d’être cigale, me détacher du matériel, être capable de partir faire le tour du monde avec 3 bricoles dans mon sac… Il faut dire que j’ai eu le temps d’y penser ! Les conditions ne sont pas idéales pour faire du tri, pas d’envoi Vinted, Emmaüs fermé, pas de vide grenier… Mais je me prends à espérer (une fois de plus) que mon après sera plus léger même si je le sais bien, je ne serai jamais minimaliste. On verra bien !

22 comments to La cigale et la fourmi

  • mim_

    Bonjour Maeva, il me semble que l’accumulation est un truc de créative, mes copines qui ne bricolent pas ont toujours des maisons beaucoup mieux rangées que la mienne ! Moi je retiens que cette abondance te permet la créativité complètement débridée qui m’émerveille à chaque nouveau post ! ❤

  • Elizec

    Je comprends très bien cette situation. Je vis la même !!!!! Mais je me félicite tout de même d avoir eu plein de bazar pour que mes enfants puissent faire toutes les idées qui leur passaient par la tête. D avoir gardé ce dessous de lit tâché, car j ai récupéré les élastiques… D avoir gardé ces magazines pour pouvoir découper des mots et des lettres… Par contre c est le rangement, ou plutôt le non rangement qui me pèse et ça je vais faire le maximum pour y remédier…. C est fou comme le fait d être bloqué chez soi fait intervenir comme questionnements sur tellement de sujets, pas forcément évidents et liés à la maladie ou l isolement comme j aurais pu le penser au début du confinement…. Bon courage pour la reprise si compliquée

  • Elodie bee

    Moi aussi j essaie de m alléger… nous n avons manqué de rien non plus, et j ai (re)decouvert plein de matières premières dans mes placards. Ici on restera à la maison en mai aussi… je compte bien en profiter encore un peu pour poursuivre les projets trop longtemps remis au lendemain… et aussi a reflechir comment nous allons poursuivre certaines choses que nous avons redécouvertes : prendre notre temps par exemple…

  • lou.rigaou

    Je crois qu’il faut être en adéquation avec soi-même.
    Les créatifs ont (besoin? de) beaucoup plus de matériel que les autres, cela me semble normal.
    Tu ne sembles pas faire partie toi non plus des minimalistes, il faut juste en être conscient… et ne pas penser que c’est forcément mieux.
    Le problème c’est souvent la vue de tout ça qui embarrasse notre cerveau, qui nous attire l’oeil.
    Une des solutions reste le rangement.
    Comme les chiffonniers le font: tri des tissus, des boutons, des fermetures… et le tissu est plié et rangé par couleur pour prendre le moins de place possible.
    Si la vue pose un problème, il reste les portes de placards coulissantes!Les commodes et autres placards muraux.
    J’ai réussi à utiliser une grosse partie de mon stock pendant ce confinement et j’en suis ravie!Mais il en reste…. mais plus rien « à la vue »; donc moins stressant, moins pesant, moins culpabilisant, moins encombrant (uniquement pour mon cerveau!)
    Et réfléchir à chaque achat, il doit répondre à un besoin pas à du prévisionnel!
    Si cela peut t’aider…

  • Coucou Maëva, est-ce-que tu serais aussi inspirée si tu avais moins de matos ? Peut-être que ça permet ta créativité sans limite ! Est-ce-que tu accumules uniquement des trucs liés à la création (genre tissus, rubans et compagnie), ou ça touche tous les domaines, toutes les pièces de ta maison ? Peut-être qu’il y a des choses qui sont plus faciles à arrêter d’accumuler que d’autres : si avoir plein de tissus est moteur et satisfaisant, il ne faut peut-être pas que tu te prives, mais peut-être que tu ne souffrirais pas d’avoir moins de serviettes de toilette ou de bougeoirs (je dis n’importe-quoi pour l’exemple) ?
    Je pense que n’importe-quel créatif qui déménage son atelier a un peu la nausée, on a besoin de matériel, et on a testé des trucs qu’on a envie de garder, c’est difficile d’être minimaliste et créatif, non ?

  • Avec les années, j’ai fini par trouver une solution… Avant, j’avais de la chine, des tissus un peu partout… J’ai donc fini par condamner une pièce qui n’était dédiée qu’à ça… Ca m’a pris 5 ans… Mais ca m’a laissé le temps de trier tranquillement chaque pièce pour y garder uniquement ce qui me tenait à coeur. Bien sûr, certains objets sont passés de la pièce de confinement à la liberté des autres pièces, mais parfois, ils y retournaient… Et tu sais quoi, ce confinement m’a permis d’enfin aller jeter un oeil à cette pièce, et réussir à en trier la moitié . Alors certes, certains ne comprendront pas, mais j’arrive du coup à concilier mon souhait de propreté (même si ma maison reste toujours très vivante… ) et mon souhait d’avoir des objets, et du stock en cas de besoin. Je crois qu’il va me falloir un deuxième confinement, car désormais, je me connais aussi mieux, et il me sera plus facile de savoir quels sont mes essentiels. Ca devrait m’aider pour la dernière partie de la pièce. ; ) Bref, tu verras, avec le temps, les années, on évolue, et on finit par trouver NOTRE solution. ; ) bisous bichette. Casa

  • Article très intéressant et fort bien tourné qui me parle tout à fait…J’ai un stock de tissus similaires (classé aussi par couleurs) et autres matos de bricolage. On a beau faire du tri, on ne voit pas de résultat flagrant, j’essaie donc de faire plus attention à l’équilibre « ce qui entre/ce qui sort ». Il faut dire que c’est aussi difficile pour moi de ne pas avoir de pièce dédiée au bricolage/couture…je stocke où je peux et envahis l’espace commun…

  • laurence

    Bonjour Maéva,

    Tes questionnements sont légitimes Parfois acheter quand le besoin s’en fait ressentir est une bonne façon de modérer ses achats. Cela ne fait aucun doute. Néanmoins, ton accumulation de matières premières créatives n’est – elle pas la preuve que tu ne manques pas d’envies?
    L’envie de créer, de faire plaisir, d’être toujours en mouvement intellectuel? C’est plutôt un signe de bonne santé, non?

    J’ai trois enfants, pas beaucoup de place puisqu’on vit en grande banlieue parisienne et beaucoup d’envies ( sans être créative) : je jette les objets dont je me lasse pour remplacer ceux – ci.

    Bon courage,

    tu es formidable, ne te fais pas de noeuds au cerveau!

  • Je ne sais pas si ça te rassure, mais je crois qu’on est plusieurs à être dans le même cas… (ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas collectivement se soigner…). Chez moi c’est aussi le tissu, surtout le jersey. Je pense que j’ai de quoi faire tous nos T-shirt et nos sweats pour une décennie (sauf que big problème : je n’en ai pas le temps…). Les seules choses qui me freinent un peu, c’est le budget quand il s’approche de zéro, et l’espace (petite maison, mon coin atelier déjà plein à craquer fait 6 m²), et aussi le regard moqueur/réprobateur/inquiet de mon conjoint à chaque nouvel arrivage de tissu…
    Pistes :
    Dans mon cas, j’attribue cette tendance au manque de temps à consacrer aux activités créatives dans ma vie de tous les jours, par rapport à mon besoin ressenti pour être à l’équilibre. Un peu comme si la possession de tissu venait combler le manque (mais momentanément… donc on est d’accord, ce n’est pas très sain !).
    Sinon, je me dis que je pourrais aussi me pencher sur un peu de psychogénéalogie, histoire de voir si ce comportement ne serait pas une forme de réponse à un traumatisme d’une génération précédente (il paraît que l’une de mes arrières grand-mères gardait vraiment tout, le moindre bout de papier, le moindre sac plastique…)
    J’en suis là pour le moment… (et je me suis désabonnée des newsletters des sites de vente de tissus, ce qui m’aide clairement !)
    Bonne continuation dans ton processus de réflexion…

  • DébyMum

    D’abord il y a eu les blogs. Et on partageait toutes nos trouvailles, nos adresses. Nous n’avions pas encore de petites têtes à la vanille pour certaines, ou bien elles étaient toutes petites. Personnellement, j’avais mes trois loulous, aussi hauts que 3 pommes à l’époque…ou presque?! Et j’étais en congé parentale. Et puis il y a eu la reprise du travail, d’abord à mi-temps…un déménagement…et puis la reprise du travail à temps complet. Et voilà qu’il a fallu réduire ce mini magasin, car vraiment on pouvait l’appeler ainsi. Ni maximaliste, ni minimaliste, mais du sens et de la raison. Voilà comment j’ai procédé. Je n’achèterai plus de tissu avant d’avoir utilisé ceux que j’ai. Des tas de nouveaux patrons, nouveaux magazines apparaissent tout le temos, et on retrouve plus ou moins la même chose. Perso je commence à découdre des vêtements chouchous qui ne me vont plus.Je n’achète plus de roman avant d’avoir bouquiné ceux de ma bibliothèque, car je me suis aperçue de la joie de finir ce que je commence, utiliser ce que j’ai à ma disposition.

  • alice

    J’ai mis du temps à comprendre ce qui, dans mon cas, bloquait. Ce n’est pas tant laisser partir les objets en tant que tel mais laisser les projets auxquels ils sont rattachés. Du coup au lieu de réfléchir en terme de désencombrement je réfléchis en terme d’activité, projets….
    Une fois que le « deuil » est fait je laisse les objets rapidement et sans difficulté, ça a également l’avantage de me pousser à l’action, ok j’ai gardé toutes les choses pour faire le tableau souvenir de New York zou je m’y mets. Et ça réfrène (un peu) mes achats en vue de nouveaux projets.

  • Annie LE MOIGNE

    Je trouve ça beau tous ces tissusmulticolores et boîtes bien rangés, pourquoi se priver du plaisir des yeux ?

  • laluluciole

    C’est rigolo, j’étais en train de me faire la même réflexion en effet on peut avoir tendance à cumuler beaucoup de d’affaires (et vite en plus). Pour ce confinement, c’était très confortable pour coudre, créer et faire des activités avec les enfants sans crainte de manquez. Après ce qui est assez chouette aussi dans ce confinement c’est qu’il nous a pas laisser l’occasion de reremplir et ça a été l’occasion de prendre conscience de tout ce que l’on a déjà de trier et d’essayer de faire mieux avec moins et dans cette démarche éco responsable. Je crois qu’il ne faut pas être trop dure avec toi le minimalisme est un long chemin et la prise de conscience forte que tu as ressentie est déjà une très grande victoire.Tu es quelqu’un d’entière pleine de couleur, pleine d’amour, pleine de partage et avec des armoires pleine! hihihi la générosité est une qualité!
    Je suis également dans cette démarche et quand toute ta vie on t’a dit « qu’il en vaut mieux plus que pas assez », c’est dur mais on a des petites victoires.
    Bravo! et bon courage pour cette jolie route vers le « moins mais mieux »<3

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